Du droit à la médiation

Publié le 5 juin 2023 à 20:37

 

 

Vous êtes nombreux à m'avoir demandé une transcription écrite des vidéos de ma chaine YouTube consacrée à la médiation.

Le travail était trop long pour que je procède manuellement.

J'ai donc fait appel aux nouvelles technologies et vous livre ainsi le résultat, sans relecture!

Si vous repérez des choses étranges, n'hésitez pas à m'en faire part sur bretjm@mediateur-coach.net

Vous pouvez aussi visionner la vidéo sur ma chaîne : @Mediateur-JMB

Orateur 1

Comment en étant avocat, devient on médiateur ou peut on s'intéresser à la médiation, d'une part ? Et d'autre part, est ce qu'il n'y a pas un moment où être médiateur, ce n'est surtout pas être avocat ? Ou au contraire, être médiateur, c'est être un peu trop avocat ? Est ce que tu peux nous dire comment tu es venu à la médiation ?

 

Orateur 1

Bien, la première question. Moi, à un moment, je vous rappelle. Facile. Je suis effectivement avocat depuis 1984, spécialisé en droit du travail et droit commercial. Et puis, j'ai petit à petit développé une activité importante en matière de réparation de préjudice corporel. C'est à ce moment là que j'ai repris une première fois des études en faisant une maîtrise de psychologie, parce que j'avais conscience que dans ce contentieux un peu particulier de la réparation du préjudice corporel, il fallait avoir une approche certes juridique, mais aussi une approche psychologique. Je dis ça parce qu'évidemment, il y a un lien assez direct avec l'activité de médiateur qui est la mienne aujourd'hui. Et puis, dans cette activité de réparation du préjudice corporel, j'ai fait un DU sur les traumatisés crâniens qui sont des victimes extrêmement mal défendues, parce qu'avec des séquelles très particulières d'ordre cognitif, d'ordre psychologique. Et puis, les choses se passaient assez simplement. Et puis, en 2003, dans le cadre de mon activité d'avocat, j'ai eu un dossier dans le cadre duquel j'assurais la défense des intérêts d'un groupe de radiologues et d'un hôpital contre une société de fabrication de matériel radiologique. C'était un dossier extrêmement complexe qui avait des enjeux financiers et économiques énormes.

 

Orateur 1

Il y avait une véritable urgence puisque les médecins ne pouvaient pas interpréter. Ça a commencé à concerné des équipements lourds type IRM, scanner, etc. Les médecins étaient en grande difficulté parce qu'ils ne pouvaient plus interpréter parce que les images sorties de ces équipements lourds étaient défectueuses. Il fallait trouver une solution. L'avocat en face, l'avocat parisien, m'a proposé une médiation. Comme on était l'un et l'autre convaincus que la décision judiciaire ne donnerait satisfaction à personne, ni à ses clients, ni au mien, on s'est dit « Pourquoi pas essayer ce processus de médiation ? » On est donc allés au CMAP, le Centre de médiation et d'arbitrage de Paris, pour participer à ce processus de médiation. Les choses dans le premier quart d'heure se sont relativement bien placées. Tout le monde était souriant. Et puis, très rapidement, les choses se sont crispées de nouveau puisque, en substance, je réclamais 100 et l'adversaire me disait « Vous aurez zéro. » Mais les choses se sont vraiment crispées quand l'adversaire m'a dit « Vous ne m'avez pas compris. Non seulement vous aurez zéro, mais moi, je vais vous demander 100. » Donc là, évidemment, j'ai fait l'avocat, je me suis levée, j'ai essayé de forcer un peu la voix, de remuer un peu.

 

Orateur 1

Et puis, le médiateur m'a calmé, m'a réassis autour de la table de la médiation et je fais « Bref, à 11h00 du soir, on se quittait, souriant, ayant signé un accord donnant satisfaction à l'entreprise et donnant satisfaction à mes radiologues et à l'hôpital. »et je me suis dit « Il y a quand même quelque chose d'assez exceptionnel là dedans. » Étant précisé pour la petite histoire qu'aujourd'hui, c'est à dire 12 ans après, ces gens travaillent encore ensemble. Ça fait partie évidemment des gros avantages du processus de médiation qui, de par la façon dont les choses se passent, permet à des gens de continuer à travailler ensemble. Si on avait engagé une procédure judiciaire, on était partis pour deux à trois ans de procédures. À l'évidence, ils auraient pu plus travailler ensemble. On n'aurait pas géré le problème de l'urgence qui était de pouvoir interpréter les clichés extrêmement rapidement et donc le processus était tout à fait adapté. Voyant à quel point ce processus avait quelque chose d'assez exceptionnel, je me suis dit « Il faut y aller, il faut se former » et c'est comme ça que je me suis lancé dans la médiation avec des heures et des heures de.

 

Orateur 2

Formation, etc. Des heures de formation et aujourd'hui, tu cumules cette activité de médiateur avec une activité d'avocat.

 

Orateur 1

Aujourd'hui, je cumule une activité de médiateur, une activité d'avocat et une activité de formateur, puisque je suis formateur à l'École des avocats en Alpes, formateur au Master de médiation de l'université et formateur à la Chambre nationale de praticiens de la médiation puisque l'un de mes moteurs, c'est... C'est pour ça que je suis très content que vous soyez là et de diffuser cette culture de la médiation parce que c'est vraiment une énergie de vie qui ressort de ces processus, quand le processus judiciaire, lui, est quand même du côté de... Certains parlent même d'une justice morte et je crois qu'ils n'ont pas tout à fait tort puisque dans le processus de médiation sont les partis qui construisent la solution et qui imaginent donc une solution qui leur donne satisfaction aux uns et aux autres.