Analyse des Pratiques Professionnelles

 

Jean-Marc Bret Médiateur

Ma vision de l'A.P.P.

 

Les médiateurs qui participent à ces groupes disent souvent qu’ils y trouvent un espace rare pour penser leur pratique autrement que dans l’urgence de l’action.

Un espace essentiel pour les médiateurs

Dans le champ de la médiation, l’analyse des pratiques constitue aujourd’hui l’une des formes de supervision des médiateurs les plus utilisées.

L’Analyse des Pratiques Professionnelles (APP) constitue, à mes yeux, une dimension essentielle du métier de médiateur.

Elle permet de prendre du recul sur les situations rencontrées dans la pratique, de réfléchir à sa posture professionnelle et de développer ses compétences dans l’accompagnement des conflits.

Le Livre Blanc de la Médiation (2019) rappelait déjà qu’après l’obtention de leur certification, les médiateurs devraient poursuivre leur développement professionnel en participant régulièrement à des séances d’analyse de pratiques.

Cette recommandation a été reprise par le Conseil National de la Médiation dans ses recommandations de novembre 2024, qui invite les médiateurs à consacrer chaque année du temps à ce travail de réflexion sur leur pratique professionnelle.

Quand la pratique interroge

Dans la pratique de la médiation, il arrive souvent que certaines situations continuent à nous accompagner bien après la fin d’une médiation.

Un échange qui s’est bloqué, une émotion forte apparue chez l’un des médiants, une dynamique relationnelle difficile à comprendre…

Parfois le médiateur se pose des questions telles que :

  • Qu’est-ce qui se jouait réellement dans cette situation ?
  • Quelle était ma place comme médiateur à ce moment-là ?
  • Qu’aurais-je pu faire autrement ?
  • Comment continuer à développer ma posture professionnelle ?

Les groupes d’Analyse des Pratiques Professionnelles offrent précisément un espace pour explorer ces questions avec d’autres médiateurs, dans un cadre sécurisé et respectueux. Ces questions font partie intégrante de la pratique de la médiation. Les rencontrer ne signifie pas que le médiateur fait mal son travail, mais au contraire qu’il s’engage dans une réflexion sur sa posture et sur la complexité des situations qu’il accompagne

Un espace de réflexivité

L’APP est avant tout un espace de réflexivité sur la pratique professionnelle.

Il ne s’agit pas d’un lieu où les participants viennent chercher des conseils ou des solutions toutes faites.

Le travail consiste plutôt à prendre du recul sur une situation, à l’examiner sous différents angles et à mieux comprendre ce qui s’est joué dans la relation de médiation.

Cette approche permet à chacun de développer sa capacité d’analyse, d’affiner sa posture professionnelle et d’élargir sa compréhension des situations rencontrées dans la pratique.

Les sept regards sur une situation

Dans les groupes d’APP, les situations apportées par les participants sont explorées à partir de plusieurs angles d’analyse.

Inspiré du modèle de Peter Hawkins et Robin Shohet, réinterprété par Mario Jacques Castanguay et revisité dans ma pratique, ce cadre propose d’observer une situation selon sept perspectives complémentaires.

L’intention est d’élargir le regard porté sur la situation et de permettre un véritable travail d’analyse.

Les sept regards permettent notamment d’examiner :

  • la situation et son contexte
  • les faits et les interactions
  • la relation entre les personnes
  • la posture du professionnel
  • les dynamiques émotionnelles et relationnelles
  • les hypothèses de compréhension
  • les pistes d’évolution possibles.

Cette pluralité de perspectives permet d’élargir la compréhension des situations et d’ouvrir de nouvelles possibilités d’analyse.

Les trois champs couverts par les séances d’APP

Dans les groupes d’Analyse des Pratiques que j’anime, le travail peut se déployer dans plusieurs directions selon la situation apportée par le médiateur analysé.

Ces différents angles d’analyse permettent d’ouvrir trois champs de travail principaux, qui apparaissent le plus souvent dans les séances.

Ajuster les gestes professionnels

Certaines situations permettent de travailler sur les gestes professionnels du médiateur.

Des questions concrètes peuvent alors apparaître, par exemple :

  • Ai-je bien fait ?
  • Que devrais-je faire dans une situation comparable ?
  • Puis-je rompre la confidentialité ?
  • Faut-il systématiser l’entretien séparé ?
  • Un médiant refuse d’entrer en médiation : que faire ?
  • Le mandant me demande une note écrite : comment répondre ?
  • Je découvre une situation de harcèlement : dois-je en parler au mandant ?

Ces situations permettent d’affiner les choix professionnels du médiateur.

Prendre du recul par rapport à une situation

Dans d’autres cas, le travail consiste surtout à permettre au médiateur analysé de prendre du recul.

Il s’agit notamment de :

  • favoriser des prises de conscience
  • se décoller de la situation vécue
  • transformer en ressources les impacts reçus ou ressentis
  • comprendre ce qui s’est activé émotionnellement dans la situation.

Ce travail permet souvent de retrouver de la clarté et de nouvelles possibilités d’action.

Travailler en soi sur soi

Un troisième champ concerne un travail plus profond sur le positionnement du médiateur.

Il peut s’agir par exemple de questions telles que :

  • Je ne me sens plus en phase avec ma pratique
  • Quelle est ma singularité comme médiateur ?
  • Je ne souhaite plus faire de médiations collectives
  • Je déteste le conflit et je suis médiateur : comment comprendre cela ?

Dans ce champ, il est souvent question de positionnement professionnel et d’identité.

Les médiateurs peuvent traverser des moments où ils disent :

  • J’ai envie et j’ai peur
  • Je n’y crois plus
  • Je suis usé

Ces questions méritent d’être accueillies et travaillées dans un cadre professionnel sécurisé.

Soutenir un véritable travail d’analyse

Pour permettre un véritable travail d’analyse des pratiques – et non un simple échange de conseils – les participants sont invités à soutenir la réflexion du médiateur analysé par un questionnement.

Ce questionnement peut être :

  • parfois dérangeant
  • susceptible de susciter des prises de conscience
  • permettant au médiateur analysé d’acquérir davantage de clarté
  • portant aussi sur ce qui n’est pas immédiatement visible
  • amenant certains éléments à la conscience
  • favorisant une prise de hauteur sur la situation.

Une posture d’analyste de pratiques

Conscient de l’importance de ces espaces de réflexion, j’ai souhaité me former spécifiquement à l’animation de groupes d’Analyse des Pratiques Professionnelles.

Après un premier cycle de formation il y a plusieurs années, j’ai choisi d’approfondir cette posture en poursuivant ma formation auprès de l’Institut de Développement de la Supervision, afin de proposer aux médiateurs un accompagnement rigoureux et respectueux de leur pratique.

Depuis plusieurs années, j’anime des groupes d’analyse des pratiques réunissant des médiateurs issus d’horizons professionnels variés.

Supervision et analyse des pratiques pour médiateurs

Les groupes d’analyse des pratiques pour médiateurs s’inscrivent dans une démarche de développement professionnel continu.

Ils permettent aux médiateurs de prendre du recul sur les situations rencontrées dans la pratique de la médiation et de développer leur capacité de réflexivité.

Participer à un groupe d’analyse des pratiques ou de supervision en médiation offre un espace précieux pour penser les situations rencontrées dans la médiation des conflits et continuer à développer ses compétences professionnelles.

Pour approfondir la différence entre analyse des pratiques et supervision, vous pouvez également consulter l'article consacré à la supervision des médiateurs.

Pour conclure

Vous l’aurez compris, l’Analyse des Pratiques en médiation n’est pas un luxe mais une véritable nécessité pour développer la qualité de sa présence, affiner sa posture et soutenir un travail de réflexivité sur sa pratique.

Elle contribue également à préserver l’éthique du médiateur dans l’exercice de son métier.

Beaucoup de médiateurs disent qu’à l’issue d’une séance d’Analyse des Pratiques, ils ne repartent pas forcément avec une réponse toute faite, mais avec quelque chose qui s’est remis en mouvement. Là où ils se sentaient dans une impasse, une nouvelle compréhension apparaît, et souvent aussi un certain soulagement.

 

Les groupes sont volontairement limités en nombre de participants afin de garantir la qualité du travail et de la réflexion collective.

Rejoindre un groupe d’APP

Si vous souhaitez rejoindre un groupe d’Analyse des Pratiques Professionnelles ou obtenir des informations sur les prochaines sessions, vous pouvez me contacter :

bretjm@mediateur-coach.net

Je serai heureux d’échanger avec vous.

Vous pouvez également compléter le formulaire ci-dessous

 


Comment choisir son groupe d’APP ?

L’Analyse des Pratiques Professionnelles en médiation (APP) est un levier essentiel pour maintenir sa qualité de posture et grandir en compétence.  Mais encore faut-il choisir le bon groupe et s’y engager avec régularité pour en tirer un réel bénéfice.

J’ai imaginé quelques critères clés qui j’espère vous aideront à  sélectionner un groupe d’APP ajusté à vos besoins et que vous pourrez ainsi optimiser votre parcours de formation continue en médiation.

Un cadre bienveillant et confidentiel

Un groupe d’APP soutenant repose avant tout sur un espace sécurisé et contenant, où chaque médiateur peut partager ses questionnements sans crainte d’être jugé. La confidentialité est un principe fondamental : ce qui est dit dans le groupe doit y rester.

 

En faisant un tour sur le site internet de l’animateur que vous vous apprêtez à rejoindre vous pourrez rapidement vous faire une idée de son rapport à la déontologie en général et à la confidentialité en particulier.

Un analyste expérimenté et spécifiquement formé à l’APP

L’Analyse des Pratiques Professionnelles (APP) n’est pas un simple échange de bonnes pratiques et de bons conseils. Pour qu’un groupe d’APP soit réellement soutenant, il doit être piloté par un professionnel qualifié, capable de structurer un véritable travail de réflexivité

Il se trouve que, tout comme la profession de médiateur, celle d’analyste des pratiques, ou de superviseur, n’est pas protégée. Ainsi, n’importe qui peut s’autoproclamer analyste des pratiques ou superviseur, sans pour autant avoir suivi une formation adaptée. Ce flou peut représenter un risque pour les médiateurs qui cherchent à s’engager dans une démarche d’analyse rigoureuse..

👉 Se former pour animer des groupes d’APP est une démarche exigeante et continue. À titre d’exemple, la formation d’approfondissement à la supervision que j’ai suivie à l’Institut de Développement de la Supervision représente 150 heures d’apprentissage, et ce n’est qu’une étape sur un chemin de perfectionnement constant.

Je dois souligner que la qualité d’un analyste de pratiques ne repose pas uniquement sur l’obtention d’une certification ou d’une formation spécifique. J’ai eu l’occasion de rencontrer et de travailler avec des analystes exceptionnels, qui, sans avoir suivi un parcours formel en APP, possèdent une expérience et une approche remarquables.

Comment choisir un analyste de pratiques compétent ?

Pour éviter les écueils et garantir une expérience d’APP de qualité, il est essentiel de vérifier les qualifications et l’expérience de l’animateur.

Avant de rejoindre un groupe, prenez le temps de consulter son site internet et de regarder :

Son parcours de formation en médiation (parcours initial et d’approfondissement)

✅ Son parcours de formation en analyse des pratiques et supervision

Son expérience en médiation et ses références client

Sa méthodologie et son approche de l’APP

Un bon analyste de pratiques ne se contente pas d’animer un groupe, il vous accompagne dans un véritable travail de réflexivité et cela ne s’invente pas.

La diversité des participants : un enjeu clé dans le choix d’un groupe d’APP ?

Dans mon expérience, un bon groupe d’APP repose sur une richesse d’expériences et de points de vue.

Sur ce point, il existe deux approches distinctes quant à la composition des groupes d’APP.

L’approche monoréférentielle : des groupes homogènes avec un même cadre de référence
Les groupes seront constitués exclusivement de médiateurs CNV, de médiateurs systémiciens, de médiateurs transformateurs, etc.

L’approche transversale : la richesse du croisement des regards
D’autres médiateurs – dont je fais partie – considèrent que la médiation est avant tout une ouverture sur le monde, et que cette ouverture doit aussi s’incarner dans les groupes d’APP. Mélanger différentes approches de la médiation permet


D’élargir ses perspectives et d’enrichir sa pratique

De confronter ses propres pratiques, automatismes, schémas de pensée à d’autres façons de voir la médiation

De se laisser inspirer par d’autres approches avec possiblement un questionnement différent

 

👉 Aucune de ces approches n’est meilleure que l’autre. Tout dépend de votre besoin : souhaitez-vous approfondir un cadre spécifique, ou au contraire, vous nourrir de la diversité des pratiques en médiation ?

Quel que soit votre choix, l’essentiel est de rejoindre un groupe dans lequel vous vous sentez en confiance

Une méthodologie claire et assumée

Un groupe d’APP pour qu’il soit soutenant doit suivre une méthodologie.

A défaut, le risque est grand de retomber dans l’échange des bonnes pratiques et bons conseils qui, s’il peut avoir son intérêt, n’a rien du travail de réflexivité que doit comporter une séance d’APP.

A titre personnel j’utilise beaucoup le modèle des 7 regards de Peter Hawkins et Robin Shohet (1980), Interprété par Mario Jacques Castanguay et que j’ai moi-même revisité en 2024

Là encore je vous invite à consulter le site internet de l’analyste que vous envisagez de rejoindre pour prendre connaissance de la méthodologie qu’il/elle propose.

Quelle fréquence pour en tirer un réel bénéfice ?

Le Livre Blanc de la Médiation (2019) et les recommandations du Conseil National de la Médiation (2024) préconisent 10 heures ou 2 séances d’APP par an. Mais ces minima sont de mon point de vue très insuffisants pour un médiateur professionnel qui pratique régulièrement la médiation.

Y aurait-il une fréquence idéale ?

Dans mon expérience l’idéal n’est pas idéal ! Je vous livre ci-dessous quelques idées.

🎯 4 à 6 séances par an : Permet un suivi régulier et une prise de recul continue ; c’est la formule que je propose.

🎯 1 séance par mois : Idéal pour les médiateurs en activité intense, confrontés à des situations complexes et nécessitant un soutien plus fréquent.

🎯 Formule immersive (ex. 2 jours intensifs par an) : Convient aux médiateurs ayant moins de disponibilité mais souhaitant approfondir leur pratique en immersion.

Quelle que soit la fréquence retenue, la régularité me parait essentielle car elle seule permet de :

📌 Renforcer sa posture professionnelle en continu

📌 Éviter l’usure et la perte de confiance

📌Sortir de son isolement en bénéficiant d’un accompagnement entre pairs et d’un soutien dans sa pratique

 

 

🚀 Si vous souhaitez en savoir plus sur ce que nous proposons
Consultez le programme détaillé et les prochaines sessions en téléchargeant notre PDF ci-dessous.

Contactez-nous pour plus d’informations : bretjm@mediateur-coach.net