Analyse des pratiques et supervision : une distinction essentielle pour les médiateurs

Publié le 9 mars 2026 à 04:25

 

 

 

 

Depuis quelques années, l’Analyse des Pratiques Professionnelles occupe une place croissante dans le développement professionnel des médiateurs.

Dans le domaine de la médiation, l’analyse des pratiques constitue aujourd’hui l’une des formes de supervision des médiateurs les plus utilisées.

Mais de quoi parle-t-on réellement ?

Et quel lien existe entre analyse des pratiques et supervision ?

 

Le Livre Blanc de la Médiation (2019) puis les recommandations du Conseil National de la Médiation (2024) invitent les médiateurs à consacrer régulièrement du temps à ce travail de réflexion sur leur pratique.

Cette évolution est très positive.

La médiation est un métier exigeant, qui confronte le médiateur à des situations complexes, à des dynamiques relationnelles parfois difficiles et à des questions de posture qui ne trouvent pas toujours de réponse immédiate dans l’action.

Les groupes d’Analyse des Pratiques Professionnelles offrent précisément un espace pour prendre du recul sur ces situations.

Mais une question mérite d’être posée :
qu’est-ce qui fait réellement la qualité d’un groupe d’analyse des pratiques ?

L’APP n’est pas un échange de conseils

Dans certains groupes, l’analyse des pratiques peut parfois se transformer en un échange de “bonnes pratiques” ou de conseils entre pairs.

Chacun partage son expérience, propose ce qu’il aurait fait à la place du collègue, et la séance devient progressivement une sorte de tour de table de solutions possibles.

Même si ces échanges peuvent être utiles, ils ne constituent pas à proprement parler un travail d’analyse des pratiques.

L’enjeu de l’APP n’est pas de dire au professionnel ce qu’il devrait faire.

Il s’agit plutôt de l’aider à réfléchir sur ce qui s’est joué dans la situation, sur sa posture et sur les dynamiques relationnelles à l’œuvre.

Autrement dit, l’objectif n’est pas d’apporter des réponses toutes faites, mais de soutenir un travail de réflexivité sur la pratique professionnelle.

La posture de supervision

C’est ici qu’intervient la notion de posture de supervision.

Animer un groupe d’analyse des pratiques ne consiste pas simplement à distribuer la parole entre les participants.

Cela suppose de créer un cadre permettant au professionnel qui apporte une situation :

  • de prendre du recul sur ce qu’il a vécu

  • d’explorer la situation sous différents angles

  • d’élargir sa compréhension de ce qui s’est joué.

La posture du superviseur consiste précisément à soutenir ce travail de réflexion sans se substituer au professionnel dans ses choix.

Il ne s’agit pas de dire ce qu’il faudrait faire, mais d’accompagner un processus d’analyse qui permette au médiateur de retrouver sa propre capacité de discernement.

Une exigence pour la qualité des groupes d’APP

Si l’Analyse des Pratiques Professionnelles devient aujourd’hui une référence dans le développement professionnel des médiateurs, la question de la posture de l’animateur devient centrale.

Un groupe d’APP peut être extrêmement riche… ou au contraire rester à la surface des situations.

La différence tient souvent à la capacité de l’animateur à soutenir un véritable travail d’analyse et de réflexivité.

C’est pour cette raison que de nombreux dispositifs d’APP dans les professions de l’accompagnement s’appuient sur des superviseurs formés à cette posture spécifique.

Une démarche de formation

Conscient de l’importance de ces espaces de réflexion pour les médiateurs, j’ai choisi de me former spécifiquement à l’animation de groupes d’analyse des pratiques en développant une posture de superviseur.

Après un premier cycle de formation il y a plusieurs années, j’ai poursuivi ce travail auprès de l’Institut de Développement de la Supervision, afin d’approfondir cette approche et de proposer aux médiateurs un accompagnement rigoureux et respectueux de leur pratique.

APP et supervision : deux notions complémentaires

En pratique, les groupes d’analyse des pratiques que j’anime s’inscrivent dans cette perspective.

Ils offrent un espace de réflexion sur les situations rencontrées dans la médiation, dans lequel le travail ne consiste pas à donner des conseils, mais à ouvrir des perspectives de compréhension et de réflexion sur la pratique.

L’objectif est que le médiateur ne reparte pas nécessairement avec une solution immédiate, mais qu’il puisse retrouver du mouvement là où il se sentait parfois dans une impasse.

 

Les groupes d’Analyse des Pratiques que j’anime s’inscrivent dans cette perspective de supervision et de travail réflexif sur la pratique du médiateur.

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